Beaux-Quartiers N°11 - page 12

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Beaux Quartiers - Eté 2012
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ans le droit fil de la relation tissée
saison après saison avec le public,
Serge Dorny signe une dixième
saison selon une ligne ambitieuse et clai-
rement affichée de choix de mises en
scène et d’approches contemporaines,
confirmée notamment dès l’ouverture de
saison par un Macbeth deVerdi sous la
direction musicale de Kazushi Ono. La
mise en scène de Ivo van Hove l’inscrit,
dans le fil conducteur de la saison sur le
pouvoir et les tensions qu’il génère, en
personnage contemporain soumis au
pouvoir financier, entre agences de nota-
tions et mouvement des indignés (13 au
27 octobre).
Sur le thème des tensions religieuses,
Le Messie, oratorio le plus populaire de
Haendel, sera dirigé par Laurence Cum-
mings et mis en scène par DeborahWag-
ner qui devrait confirmer qu’elle excelle
à théâtraliser des œuvres non conçues
pour la scène (3 au 14 décembre).
Tensions entre l’homme et l’animal avec
la reprise de La Petite Renarde rusée de
Janacek, créée à l’Opéra de Lyon et
qu’on a aussi vue à l’Opéra Bastille.
Conte pour animaux, féérie magnifiée
par une imagerie enfantine dans la pro-
duction d’André Engel et les décors de
Nicky Rieti sous la direction musicale du
chef tchèqueTomas Hanus, avec Jean-
nette Fischer (21 au 31 janvier/1
er
février).
Composé en 1943 en captivité au camp
deTheresienstadt par Viktor Ullmann,
l’un des élèves favoris de Schoenberg,
L’Empereur d’Atlantis ne fut pas créé
cette année-là: son auteur devait mourir
à Auschwitz en 1944, la partition retrou-
vée par hasard en Hollande a été jouée
en 1975 pour la première fois. Evoquant
Weil, Hindemith, l’expressionnisme vien-
nois ou le jazz, l’œuvre sera mise en
scène par Richard Brunel qui signe sa
troisième collaboration avec l’Opéra de
Lyon (12 au 17 février).
Ecrit également en pleine Seconde
Guerre mondiale, Capriccio de Richard
Strauss est l’ultime opéra et l’œuvre-
phare du compositeur conçue en ces an-
nées de guerre où la notion même
d’humanité est anéantie par la barbarie:
comédie conceptuelle, en fait un hom-
mage à l’esprit français et à la philoso-
phie des Lumières, tandis qu’autour du
compositeur règnent la terreur et l’obs-
curantisme. La mise en scène a été
confiée à David Marton, homme à la fois
de théâtre et de musique (actuellement à
la Schaubühne de Berlin aux côtés de
Christoph Marthaler), et sa direction à
Bernhard Kontarsky (du 7 au 19 mai).
Puis La Flûte enchantée conclura la sai-
son dans une nouvelle mise en scène du
vidéaste Pierrick Sorin, qui retrouve un
univers féerique comme il les aime et en
proposera une lecture entre le naïf et le
merveilleux, faisant coexister théâtre et
cinéma, musique et marionnettes (du
24 juin au 9 juillet).
Temps fort de la saison, le festival an-
nuel, en lien direct avec le thème de la
saison s’articulera sur les tensions entre
justice et injustice: Fidelio de Beethoven
évoquera Guantanamo ou le Goulag,
dans une mise en espace et en images
du plasticien et vidéaste américain Gary
Hill, avec Nikolai Schukoff. Kazushi Ono,
chef permanent de l’Opéra de Lyon,
dirigera également un programme qui
réunira et mettra en perspective Le Pri-
sonnier de Dallapiccola et Erwartung de
Schoenberg sous l’esthétique d’Alex Ollé
(La Fura dels Baus). Le troisième volet
très attendu sera une création, Claude,
premier opéra deThierry Escaich, sur un
livret de Robert Badinter et dans une
mise en scène d’Olivier Py (mars et
avril).
Christine Ramel
Pour en savoir plus et réserver:
0826 305 325
© Robert
Workman
GUIDE
SPECTACLES
L’Opéra de Lyon conjugue une nouvelle saison fidèle à son label d’excellence artistique et d’ouverture,
selon un subtil dosage entre grandes œuvres du répertoire, pièces plus rares et créations.
C’est le moment de réserver.
OPÉRA DE LYON
De Haendel à
Schoenberg
La mezzo-soprano Catherine Wyn-Rogers
chantera Le Messie dans une version
théâtralisée de Deborah Wagner.
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