Beaux-Quartiers N°11 - page 14

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Beaux Quartiers - Eté 2012
O
n trouve de tout au Ma-
gasin, tel que l’investit
Isabelle Cornaro. En lui
donnant, après Mai-Thu Perret
et Lili Reynaud-Dewaere, les
clefs de la maison,Yves Aupeti-
tallot poursuit dans son entre-
prise de mettre en lumière les
figures émergentes de la jeune
génération de l’art contempo-
rain, et de capter à travers elles
les lignes de force de la créa-
tion présente. Or, avec Isabelle
Cornaro, ce qui apparaît d’em-
blée, c’est cette volonté généra-
tionnelle de se situer: tout chez
elle est question de point de
vue, de références, de position-
nement. Sa recherche est moins une re-
mise en question radicale qu’une façon de
prendre son bien là où elle le trouve, à tra-
vers les courants esthétiques divers qui
traversent la culture occidentale de ces
cinquante dernières années et qu’elle in-
terroge en les interprétant comme des
systèmes d’organisation de signes.
Dans le droit fil d’une postmodernité où
l’hybridation fait sauter les barrières, elle
mêle la culture savante et la culture popu-
laire, le high et le low, prenant des objets
familiers pour les insérer dans des mises
en scène symboliques qui les dotent d’un
sens inédit. Façon très sémiotique d’inter-
roger la représentation et de voir com-
ment elle détermine
notre perception du
monde.
Rien de pesant ni de
cuistre pour autant
dans une démarche
certes très concep-
tualisée, mais qui
prend un plaisir
malin et quasi tactile
à jouer avec les ob-
jets, avec les formes,
avec les médiums
même utilisés. A
l’instar de ce Mou-
lage sur le vif, à la
fois vide-poches
complexe, où se li-
sent les signes même d’une société, et ré-
jouissant fourre-tout où se donne à voir un
bric-à-brac intime, Isabelle Cornaro fait de
l’abstraction concrète: chacun y trouve
son compte.
DH
Exposition Isabelle Cornaro – Commis-
saireYves Aupetitallot – Magasin, du 3
juin au 2 septembre 2012.
GUIDE
EXPOSITIONS
Le Magasin high and low d’Isabelle Cornaro
CENTRE D’ART BASTILLE
Fantômes
Les productions de Laurent Pernot s’articu-
lent autour du visible et de l’invisible, du
temps, de l’identité et des limites du vi-
vant. Ses œuvres récentes et inédites que
présente le CAB sollicitent nos sens et
toutes les mémoires, primitives, indivi-
duelles et collectives, le long d’un parcours
où alternent poésie et contemplation.
Du 23 juin au 9 septembre.
MUSÉE HÉBERT
Italiens dans
le viseur
La campagne italienne inspira nombre de
tableaux d’Ernest Hébert, peintre et direc-
teur de l’Académie de France à Rome. Sa
femme, Gabrielle, photographe passion-
née, saisit quant à elle, en Campanie, Si-
cile ou dans le Latium, quantité
d’instantanés de vie quotidienne: scènes
pastorales, de marché… aux accents nou-
veaux de reportage, tant la vitesse de
pose était écourtée. Un
témoignage de son inté-
rêt pour les gens, une vi-
sion éloignée d’une l’Italie
idyllique.
Jusqu’au 2 janvier 2013.
Kimura
Ce peintre japonais vécut
en France des années 50
jusqu’à sa mort en 1987.
Délaissant le langage figu-
ratif traditionnel, ses
constructions abstraites
parfois violemment ex-
Isabelle Cornaro, Le Proche et le lointain, 2011. Six vitrines avec compositions de papiers
colorés et objets variés. 700 x 700 cm. ©Photo: Guillaume Zicarelli.
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