Beaux-Quartiers N°11 - page 18

Photos David Richalet
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Beaux Quartiers - Eté 2012
I
ls sont trois à tenir les rênes de cette galerie créée initiale-
ment à L’Alpe-d’Huez il y a quarante-six ans, descendue
ensuite sur les quais de l’Isère de Grenoble avant de trou-
ver enfin sa place avenue Alsace-Lorraine. C’est en 2000
que Françoise et Claude Bobin l’ont rachetée. Leur fille
Sarah, master d’histoire de l’art en poche, les a rejoints il y a
deux ans.
Un air nouveau
Un vent « figuratif assez contemporain » souffle sur la galerie
qui compte une vingtaine d’identités artistiques confirmées,
qu’atteste parfois un parcours international envié, comme celui
d’Anne Bachelier. Le duo, devenu trio, a travaillé dans la conti-
nuité, conservant à la galerie ses précieux piliers (Arnold
Toubeix, Raymond Poulet…) mais en amenant un air nouveau,
notamment par la sculpture (et celle qui a fait beaucoup pour
la relancer, Josepha et ses résines colorées) ou le verre
contemporain aussi, trop méconnu. Difficile en province de se
spécialiser comme les galeries parisiennes. Il faut répondre
à des attentes larges. D’autres expressions ont depuis rejoint
la galerie, composant chacune à sa manière une famille consti-
tuée d’éléments différents, connus, moins connus mais com-
plémentaires. Un savant équilibre, résultat d’un état constant
d’éveil et de curiosité pour « cibler, dénicher, sortir du lot. »
Avec exigence quant à la qualité graphique et d’exécution.
« De vraies pointures »
Françoise, Claude et Sarah ne se partagent pas ce travail.
Ensemble, ils se concertent, avec la volonté commune d’envi-
sager un chemin à long terme avec chacun des artistes qu’ils
convoitent – parfois très longtemps – avant de les accueillir.
Comme avec David Gros, attendu une dizaine d’années « car
il nous avait demandé d’être patients » ou le sculpteur Paul
Beckrich qu’ils croyaient lié par une exclusivité et dont le calen-
drier d’expositions chargé rendait difficile la programmation,
ou encore Bernard Louédin dont ils aimaient la peinture mais
qu’ils ne pensaient pas pouvoir contacter… Métier de patience
que celui de galeriste: « De prudence et d’audace tout à la fois.
Et de coïncidences aussi » précisent-ils à l’unisson: « On a
beaucoup d’artistes qui ne font aucune concession à la ten-
dance. Parfois, la mode les rattrape. Il y a dans l’art un rapport
au temps. Nous savons que nous avons parmi nos artistes de
vraies pointures. » Et de regretter l’absence totale de lien avec
les musées et autres institutions… « Chez nous, c’est le public
qui fait son choix. Nous faisons le lien avec la création. Nous
connaissons bien notre public, nous sommes confiants. »
Pas étonnant puisque ce trio serein fonctionne à la rencontre,
au courant qui passe et à l’affinité. La confiance, ils la veulent
d’ailleurs dans les deux sens. Et ce n’est pas l’aquarelliste
Jean-Yves Frémaux qui regrettera de leur avoir accordé la
sienne, lui qui après trente années consacrées à l’aquarelle sui-
vit enfin leurs conseils répétés et se mit à la peinture à l’huile…
Il connaît depuis un grand succès: « C’est notre plus grande
réussite. Car la relation amicale ne suffit pas. Il faut du résul-
tat! »
n
MARIE FERRET
Pas de concession à la tendance
GUIDE
GALERIES
Françoise, Claude
et Sarah Bobin
Vent des Cimes
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