Beaux-Quartiers N°11 - page 25

Cinéma :
changement
de bobines
Donne nouvelle pour le
cinéma à Grenoble :
non seulement les
salles passent toutes
progressivement au
numérique, mais
plusieurs changements
interviennent, qui
devraient sensiblement
modifier le paysage
cinématographique de
la ville.
Le Club va complètement changer de visage en quelques
mois et offrir à ses spectateurs une qualité d’accueil et de
spectacle à la hauteur de ses ambitions: devenir une réfé-
rence régionale en matière de cinéma d’art et d’essai.
L
’APPARITION DU NUMÉRIQUE, déjà largement
amorcée et qui devrait arriver à son terme très rapide-
ment, marque assurément une nouvelle étape pour le
cinéma: plus de ces lourdes bobines qui exigeaient que le projectionniste
soit aussi un fort à bras pour pouvoir les hisser jusqu’à la cabine de projec-
tion: tout maintenant passe par un système, le DCP (Digital Cinema
Package), qui se compose d’un ensemble de fichiers informatiques trans-
mis par ordinateur. Ce sont désormais ces fichiers immatériels qui, activés
par une clef, le KDM (Key Delivery Message), et couplés à un projecteur
numérique, permettent la projection du film sur l’écran. Fini l’âge de l’ar-
gentique et de ces bouts de film que le projectionniste de
Cinéma Paradiso
collectionnait pour garder trace des baisers de cinéma dont il avait coupé
les images sur la pellicule. Mais fini aussi ces copies rayées, zébrées, usées à
force de passages, et ces cassures qui, parfois, survenaient au moment le
plus critique: le numérique offre désormais une qualité de vision égale et
une image qui ne s’altère pas.
Le Club: un changement dans la continuité
Du coup, aidées par un programme national, toutes les salles passent pro-
gressivement à la nouvelle technologie. Et ce n’est pas un hasard si les nou-
veaux dirigeants du Club, en reprenant le cinéma d’art et essai, ont immé-
diatement équipé les cinq salles du complexe en numérique. Le cinéma
appartenait jusqu’ici à Patté et constituait une exception dans la société de
Jérôme Seydoux, dont le parc est uniquement constitué de multiplexes.
Celui-ci désirait donc vendre cet équipement qui n’entrait plus dans la stra-
tégie du groupe. Plusieurs repreneurs étaient sur les rangs, mais la solution
s’est révélée finalement, et naturellement, être grenobloise: à la fois parce
que le directeur du cinéma, Patrick Ortega, entendait poursuivre le travail
de sensibilisation du public à un cinéma différent qu’il y poursuit depuis
plus de 25 ans, et aussi parce que, propriétaire déjà de plusieurs salles en
région Rhône-Alpes, MC4, la société de distribution grenobloise, cherchait
depuis longtemps une implantation locale. Son directeur, Pierre de Garde-
bosc, s’est donc associé à Patrick Ortega et à un autre distributeur et exploi-
tant, parisien, Martin Bidou, pour racheter, il y a quelques semaines, la
salle à Pathé. Une nouvelle équipe donc, un nouveau programmateur –
Arnaud de Gardebosc –, des aménagements en cours qui vont dans les
mois qui viennent totalement renouveler les salles et le hall, et une nou-
velle façade (signée Antoine Félix-Faure) qui va être mise en place et redon-
ner tout son attrait à la salle: Le Club fait peau neuve. Il ne change pas,
pour autant, de ligne de programmation et reste d’autant plus fidèle à sa
ligne art et essai qu’un concurrent apparaît dès ce mois-ci sur la place, avec
l’ouverture, dans le quartier de Bonne, d’un Méliès nouvelle formule.
Trois salles nouvelles pour le Méliès nouveau
La petite salle de la rue de Strasbourg, à l’étroit dans son unique salle d’à
peine une centaine de places, avait besoin de locaux nettement plus impor-
tants pour répondre à l’expansion que son directeur, Bruno Thivillier, a su
lui donner depuis quelques années, en attirant un public de plus en plus
large à la fois vers des œuvres exigeantes – la salle est également qualifiée
“recherche” –, mais relevant aussi de l’art et essai plus traditionnel. Appar-
tenant à la Fédération des œuvres laïques, la salle a su convaincre la muni-
cipalité grenobloise de la validité d’un projet à forte coloration culturelle et
pédagogique, ce qui lui a permis de mener à terme une réalisation de
grande ampleur. Trois salles de jauge importante (133, 150 et 241 places),
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